Au Canada, l'électricité la moins chère se paie la nuit. Ce n'est plus un slogan, c'est écrit dans les grilles tarifaires. Le 15 octobre 2026, la Commission de l'énergie de l'Ontario (Ontario Energy Board, OEB) a annoncé ses nouveaux tarifs en vigueur au 1er novembre 2026 : l'écart entre la nuit et la pointe du soir atteint désormais un facteur de dix. Pour un bâtiment commercial, l'heure de consommation est devenue la principale variable de la facture.

Ontario : le contraste le plus marqué au pays

L'option Ultra-Low Overnight de l'OEB est la plus agressive du Canada. La nuit (23 h à 7 h, tous les jours de l'année), l'électricité coûte 3,7 ¢/kWh à compter du 1er novembre 2026. Mais la pointe de semaine, de 16 h à 21 h, grimpe à 37,7 ¢/kWh — plus de dix fois plus. Entre les deux : 14,6 ¢/kWh en mi-pointe et 9,1 ¢/kWh la fin de semaine.

Le message est limpide : tout ce qui peut attendre la nuit — recharge de véhicules électriques, préchauffage, production d'eau chaude — doit attendre la nuit. Et tout ce qui tourne entre 16 h et 21 h coûte une fortune.

Colombie-Britannique : la surcouche « heure du jour »

BC Hydro applique par défaut un tarif à paliers (environ 11,87 ¢/kWh en première tranche, 14,08 ¢/kWh au-delà en 2026), avec un tarif forfaitaire optionnel pour les gros consommateurs. Depuis juin 2024, les clients peuvent y ajouter une tarification optionnelle selon l'heure du jour, approuvée par la British Columbia Utilities Commission : 5 ¢/kWh de rabais la nuit (23 h à 7 h), 5 ¢/kWh de surcharge pendant la pointe du soir (16 h à 21 h).

La philosophie est la même qu'en Ontario : le réseau préfère verser 5 cents pour déplacer une charge plutôt que de financer de nouvelles capacités de production. Une borne de recharge dont l'horaire est piloté intelligemment — par exemple par une plateforme comme Tenergen OS — transforme ce signal tarifaire en économies automatiques.

Québec : la pointe événementielle

Hydro-Québec a choisi une autre logique : pas de prix fixes par heure, mais des événements de pointe annoncés pendant l'hiver (décembre à mars, le matin et le soir). Deux outils coexistent :

  • Le tarif Flex D : l'électricité coûte moins cher plus de 95 % de l'hiver, en échange d'un prix élevé pendant les événements de pointe. Hydro-Québec annonce jusqu'à 20 % d'économies pour les clients qui jouent le jeu.
  • L'option de crédit hivernal : on garde le tarif de base et on reçoit un crédit pour chaque kilowattheure effacé pendant les pointes (58,490 ¢/kWh selon la grille tarifaire 2026). Attention : cette option n'accepte plus de nouvelles inscriptions depuis le 31 mars 2026 — seuls les abonnés déjà inscrits conservent un droit acquis.

Pour les bâtiments commerciaux et institutionnels, l'enjeu se joue surtout sur la puissance appelée (kW). Les options de gestion de la demande de puissance d'Hydro-Québec — GDP Latitude et GDP Engagement — créditent les entreprises qui réduisent leur appel de puissance lors des pointes hivernales, avec des primes calculées en dollars par kilowatt. C'est là que le pilotage automatisé des charges flexibles devient rentable : écrêter la pointe sans que les occupants ne remarquent rien.

Le point commun : l'arbitrage doit être automatique

Ontario, Colombie-Britannique, Québec : trois designs tarifaires différents, une même récompense pour le même comportement — déplacer la consommation vers la nuit et l'effacer pendant les pointes. Le faire à la main est possible à la maison ; dans un bâtiment commercial équipé de dizaines de systèmes (CVCA, éclairage, recharge, production d'eau chaude), c'est un travail de pilote automatique.

C'est exactement le rôle d'une plateforme d'orchestration comme Tenergen OS : lire les signaux tarifaires de votre distributeur, décider quand charger, décharger ou effacer — et transformer l'horaire de votre facture en économies mesurables.